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une super unitée de la rhodesie : Les Selous Scouts

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une super unitée de la rhodesie : Les Selous Scouts

Message  marcwolf le Jeu 2 Fév - 16:48

une super unitée de la rhodesie : Les Selous Scouts
1. Historique
L’idée de la création des Selous Scouts voit le jour en 1973 lorsqu’il apparaît de plus en plus évident que les méthodes traditionnelles sont inefficaces face à l’infiltration des insurgés sur le territoire rhodésien.
Le besoin de membres infiltrés (en anglais pseudo-ters, ters étant le diminutif de terrorists) des RSF dans les zones contrôlées par les rebelles à fin de renseignent est perçue entre autres par le brigadier Hickman.
La Special Branch (SB, Renseignements de la Police), les SAS et les RAR font quelques tentatives sans succès avant que le général Walls ne demande au capitaine Ron Reid-Daly, qui vient de quitter l‘Armée et qui servit sous ses ordres en Malaisie et an tant que Regimental Sergeant Major au 1/RLI de former les Selous Scouts.
Leur nom vient du célèbre explorateur du 19e siècle Frederick Selous, ami personnel de Cecil Rhodes, qui participa à l’exploration et à la « pacification » du territoire qui allait devenir la Rhodésie.
Priorité est donnée à l’unité et des baraquements sont rapidement établis à Inkomo (renommés « Andre Rabie » en hommage au 1er instructeur régulier des Scouts, tué en opération en 1973) et un camp d‘entraînement près du lac Kariba nommé Wafa Wafa («Si je meurs, je meurs… »).
Sa devise est « Pamwe Chete » (« Tous ensemble »), son emblème un balbuzard (en anglais osprey). Dans la mesure où les Scouts sont clairement destinés à devenir des traqueurs, la Tracking Unit de Kariba (formée en 1967) est mise à contribution.
La mission des Scouts est d’assurer la récolte d’informations, par des moyens « clandestins ». Ils doivent localiser l’ennemi, juger de sa force et de ses intentions et retourner l’information à fin d’élimination de ce dernier.
L’unité est tout d’abord envisagée de la taille d’une compagnie (120 h.), divisée en troops puis en 3 tracker combat teams (sections) de 8 hommes. Chaque section est commandée par un sergent blanc, chaque troop par un lieutenant et un Warrant Officer II (à peu près l’équivalant d’un adjudant). Lorsque l’unité grandira en taille, la structure sera conservée, le rang des officiers et sous-officiers étant variables.
Quelques Américains ou Britanniques serviront en tant qu’officiers, apportant avec eux leur expérience du Vietnam ou de l’Irlande du Nord.
Travaillant en collaboration étroite avec la SB, les Scouts obtiennent vite d’excellents résultats qui incitent à utiliser des insurgés « retournés », payés par la SB, et à infiltrer l’ennemi en niveau 3 (Cf. Principe tactique N°4 : L’infiltration in Champs de Bataille N°30, Octobre-Novembre 2009). Très peu de « retournés » joueront double jeu et trahiront les Scouts qui deviennent les yeux et les oreilles des missions Fire Force. Fin 1974 les Scouts ont 221 ennemis tués ou capturés à leur actif.
Leur efficacité désormais prouvée, la prochaine étape est l’expansion de l’unité et son utilisation lors des opex.
En 1976 ont lieu les premières infiltrations au Mozambique. Que ce soit en sticks de 3 hommes ou en colonne volante, les résultats des raids des Scouts sont hors de proportion avec les effectifs engagés.
La fin de la guerre est pénible pour les Scouts. Les méthodes peu orthodoxes de Reid-Daly et son tempérament querelleur lui ont attiré beaucoup d’inimitiés.
L’unité, qui compte désormais 1000 membres, est nettement moins « spéciale » qu’auparavant, en dehors de son noyau dur. On soupçonne certains membres de se livrer au braconnage, au trafic d’armes et d’ivoire. La ZANLA et la ZIPRA, relayées par la presse internationale, les accuse d’exactions et d‘assassinat. En janvier 79, Reid-Daly découvre un micro dans son bureau. Deux jours plus tard il se lance dans une violente attaque personnelle et publique contre Hickman qui l’emmène en cour martiale. Bien que seulement réprimandé, Reid-Daly démissionne.
L’unité est dissoute en 1980. Malgré des tactiques parfois suicidaires face à une ennemi supérieur en nombre, les Scouts ne subirent que 36 pertes pendant leur période d’activité. Menacés de poursuites comme criminels de guerre par le nouveau régime de Robert Mugabe, la plupart d’entre eux rejoignent l’Afrique du Sud (souvent en amenant avec eux les « retournés » dont la vie est menacée) où il font profiter le 5. Recce Commando de leur expérience.
2. Recrutement-Entraînement-Equipement
Par définition l’unité est racialement intégrée, probablement noire à 80%. On comptera jusqu’à 1000 « retournés » au sein de l’unité.
Le recrutement n’est à aucun moment un problème malgré une sélection rigoureuse (85% de rejets), même au regard de celle des SAS. En fait, plusieurs unités se plaignent du départ de leurs hommes vers les Scouts. Selon Reid-Daly, « un soldat des forces spéciales doit être d’un certain calibre. Il doit être intelligent, endurant, courageux, loyal, professionnel, mature-son âge idéal est entre 24 et 32 ans-responsable et auto-discipliné ».
Chaque homme doit être à la fois un solitaire, capable de vivre seul dans le bush, mais aussi capable de travailler en équipe.
L’entraînement est d’un réalisme extrême. Les recrues sont préparées à survivre seules ou en petits groupes dans un environnement difficile, quadrillé par l’ennemi. La recrue doit apprendre à vivre sur le bush, à se déplacer dans le bush, à lire le bush…
Les 25 derniers km avant d‘arriver à Wafa Wafa se font au pas de course. Pas de baraquements, pas de tentes. Suivent 5 semaines d’enfer: De l’aube au crépuscule, sport et entraînement de jour. Et pour bein finir la journée, entraînement de nuit. Le parcours du combattant se fait sur des pentes vertigineuses pour forcer les hommes à surmonter la peur du vide. Lorsque les recrues arrivent, aucune ration n‘est distribuée.
Il faut se débrouiller avec la nature environnante. Le 5e jour un singe est abattu et pendu à un arbre, en plein soleil. Le 8e jour il est vidé et bouilli, avec les vers qui ont commencé le dévorer. La viande pourrie est comestible si convenablement bouillie. Mais, selon Reid-Daly « les hommes avaient besoin de l’apprendre via l’expérience.
Sans cela, bien qu’affamés, ils ne l’auraient jamais fait en mission ».
Les 3 derniers jours sont dédiés à une marche d’endurance. Chaque homme porte son arme, quelques rations et 30kg de cailloux (peints en verts ou numérotés afin qu’on ne puisse s’en débarrasser) qu’ils doivent porter sur 100km. Les 12 derniers km sont à parcourir en 2h30 maximum. Cette première phase, extrêmement dure, a des applications concrètes: Fin 1976, infiltré au Mozambique Dennis Croukamp est séparé de ses compagnons. Sans nourriture, sans moyen de communication et poursuivi par le FRELIMO il rejoint la Rhodésie après 6 jours et 200km de marche en plein bush. Les « survivants » ont droit à une semaine de repos avant d’entrer dans la « phase sombre ».
Là, on leur enlève toutes leurs habitudes (se raser, fumer, boire, se lever à heures régulières…) et on leur apprend à se comporter comme des rebelles, à se déplacer comme des rebelles, à communiquer comme des rebelles, à tirer avec les armes des rebelles.
Ils apprennent à se sortir d’une embuscade en tirant de courtes rafales sur toutes les cachettes probables de l’ennemi. Effet 360° garanti! La discipline de feu, qui manque cruellement aux rebelles, est primordiale.
Ils apprennent aussi à tirer pour tuer : Un système de mannequin avec des ballons est mis en place.
Le mannequin tombe ou non en fonction de l’habileté du tireur.
A partir de 1976 les Selous Scouts deviennent eux aussi parachutistes (ligne statique et chute libre), spécialité jusque-là réservée aux SAS.
Le FN-FAL et le H&K G3 sont les armes standards des RSF. Comme ils se font passer pour des rebelles, les Scouts utilisent leurs armes : AK-47, RPD, SCD (sniper). Leur mission les amène à cacher sur eux des armes de poing : le CZ75 et le Beretta 951 sont très populaires. Les uniformes et équipements utilisés ne s’encombrent pas de règlement: le brêlage est allégé, on utilise ce qui est efficace plus que ce qui est prescrit (shorts, Pataugas…).
Lorsque la recrue est prête, elle est intégrée à un stick où elle est généralement utilisée en flanc-garde.
Lorsqu’elle est suffisamment expérimentée, elle devient un membre à part entière du stick.
Pour un junior inexpérimenté il faut 8 mois pour devenir un Selous Scouts.
Les moyens de transport vont du kayak, en passant par la jeep, le Land Rover, le Ferret (abandonnés en novembre 76 au profit de l’Eland), divers véhicules standards modifiés et/ou réarmés (tel le PIG), l’Alouette III, le Dakota (et un parachute…)
3. Tactiques

A. Infiltration niveau 1 :
Le stick installe un Observation Post (OP), si possible en hauteur et proche d’une zone d’activité insurgée probable et y reste pendant une longue période, tout en restant invisible à l‘ennemi. Il transmet régulièrement par radio toutes les informations qu’il recueille et les transmet au QG. Les renseignements recueillis permettent d’envoyer une mission Fire Force, généralement dévastatrice pour l’ennemi. Plus tard dans le conflit les insurgés sauront en partie s’adapter. Ratissage, utilisation de jeunes enfants gardiens de troupeaux pour repérer et signaler les OP.
Ils utiliseront aussi une méthode simple mais efficace: changer de tenue une fois arrivés dans un village. De loin, il devient dès lors très difficile de les repérer et d‘estimer leur force.
B. Infiltration niveau 2 :
C’est le principe de la colonne volante qui est le plus utilisé, en particulier depuis le succès de l’opération Long John. Les Scouts, renforcés ou non de membres des SAS ou du RLI s’infiltrent dans un pays frontalier en se faisant passer pour des rebelles ou des membres des forces locales. En août 1976, 72 Scouts déguisés en soldats du FRELIMO (les Blancs se maquillent de manière à faire illusion, au moins à moyenne distance) pénètrent dans le camp de Nyadzonya où a lieu un grand rassemblement de 5000 guérilleros. Utilisant toutes leur puissance de feu (contre une majorité d’hommes désarmés, il convient de le préciser), ils tuent plus de 1000 rebelles et font plus de 500 blessés pour 5 blessés dans leurs rangs. Militairement efficace, ce type d’infiltration peut se révéler désastreux politiquement et la Rhodésie subit de plein fouet la vindicte internationale suite à cet assaut sur ce qui est qualifié de « camp de réfugiés ».
Les infiltrations à fin d’embuscades, de sabotage, d’enlèvement (tel celui d’un officiel de la ZIPRA à Francistown, Botswana en mars 1974), élimination directe peuvent se faire par héliportage, saut en parachute (ligne statique ou chute libre), transport en camion, mais toujours à plusieurs kms de la cible afin de ne pas éveiller l’attention.
C. Infiltration niveau 3 :
Sur information de la SB, des sticks infiltrent les zones contrôlées par les insurgés et tentent de se faire passer pour d’authentiques guérilleros. L’utilisation de « retournés » est d’une aide précieuse.
Une fois la phase dite de « validation » acquise, le stick tente de réunir toutes les informations possibles sur les forces locales et le soutien qu’elles peuvent avoir. Il en informe ensuite les unités de combat qui se chargent d’éliminer l’ennemi chez lui. Le but n’est pas de se charger directement de la mission, maintenir sa couverture est tactiquement beaucoup plus important.
D. Patrouilles et Traque :
Beaucoup de Scouts, originaires des zones rurales sont naturellement de bons chasseurs. Il changent de gibier et suivent parfois pendant une semaine les traces des insurgés, se déplaçant uniquement au petit jour et au crépuscule, au moment où les rayons à l‘oblique du soleil permettent de repérer le moindre mouvement.
Ils peuvent repérer le moindre signe de déplacement de l’ennemi et le suivre pendant des jours.
Ils passent maître dans l’art de l’embuscade. Moins consciente de la notion de sécurité que les RSF, la guérilla a rarement accès à des moyens de communications modernes (et quand elle en a n’a pas pour coutume d’utiliser de codes) et utilise beaucoup l’écrit. Cette (mauvaise) habitude permet aux Scouts de récupérer de nombreuses informations d’importance capitale en plus des prisonniers capturés.

4. Impact des Selous Scouts

Les méthodes peu orthodoxes des Scouts, en fait celles de leurs ennemis, leur permit d’acquérir une réputation mitigée. Elite à l’efficacité exemplaire pour les uns, simples tueurs pour les autres.
Quoi qu’il en soit, les Selous Scouts furent de meilleurs guérilleros que leurs ennemis et surent et montrer ce qui pouvait être fait en matière de contre-insurrection sans contraintes et avec de l’imagination.
En portant la guerre aux insurgés et en leur montrant qu’ils n’étaient pas en sécurité, même sur le propre terrain, les Scouts eurent un effet débilitant hors de proportion avec leur effectif. Il arriva plusieurs fois que 2 groupes rebelles se tirent dessus par peur que l’autre ne soit des Selous Scouts. Ils devinrent tellement bons dans l’art de se faire passer pour des terroristes que les zones où ils opérèrent furent souvent déclarées « gelées » pour éviter les « tirs amis ».
Les chiffres parlent d’eux-mêmes: Même s’ils n’appuyèrent pas directement sur la gâchette on estime que 70% des rebelles éliminés sur le territoire rhodésien le furent grâce aux Scouts.
La seule Grand Cross of Valor (plus haute décoration militaire rhodésienne) décernée durant le conflit le fut au capitaine Chris Schulenberg.

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