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L'Armada de mercenaires au Zaïre. Commandés par un Belge, 280 «affreux» mènent la contre-offensive.

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L'Armada de mercenaires au Zaïre. Commandés par un Belge, 280 «affreux» mènent la contre-offensive.

Message  marcwolf le Dim 6 Nov - 7:42

L'Armada de mercenaires au Zaïre. Commandés par un Belge, 280 «affreux» mènent la contre-offensive.
( attention new de 1997 .marcwolf )
Trente ans plus tard, il est de retour. Christian Tavernier, le Bob Denard belge, est le chef des mercenaires dans l'est du Zaïre, engagés par le président Mobutu pour reconquérir l'Est du pays tombé en octobre dernier aux mains de rebelles. Depuis le début de l'année, cet homme grand et sec, aux cheveux blancs, fait des sauts de puce à bord d'un petit porteur flambant neuf entre Kisangani et Watsa, une ville minière à 700 kilomètres au nord-est de la capitale du Haut-Zaïre. C'est là, en avant-poste dans une zone aurifère d'importance stratégique, que le colonel Tavernier a installé le gros de ses recrues, quelque 280 Serbes, Croates, Russes, Polonais, Belges, Italiens et Français. Tavernier, sexagénaire, connaît bien Kisangani. Son frère cadet, exploitant forestier, y était installé jusqu'à sa mort, du sida, l'an dernier. Quant à Watsa, Christian Tavernier en garde des souvenirs. C'est à Watsa qu'il combattait ­ déjà ­ la rébellion, en 1964-1965, à la tête du «14e codos», une unité de commandos mercenaires.

Le colonel Tavernier n'a jamais vraiment décroché. Conseiller militaire et homme d'affaires, il a longtemps travaillé avec les maquisards du colonel John Garang au Sud-Soudan où, à la fin des années 80, il a dû croiser un certain Laurent Kabila, à l'époque dans l'entourage de Garang et aujourd'hui chef rebelle dans l'est du Zaïre... Ancien du Katanga, du temps de la tentative sécessionniste de Moïse Tshombé et de la «force belge» payée par l'Union minière, Tavernier a failli reprendre du service dans le sud du Zaïre l'été dernier. Mais il a aussi fait des offres de service ailleurs, comme par exemple au Congo pour la restructuration d'une armée comptant moins d'hommes du rang que d'officiers.

Monsieur Afrique. A Paris, Tavernier n'est pas un inconnu. Selon nos informations, il entretient de longue date des relations avec Jacques Foccart, l'octogénaire «monsieur Afrique» du gaullisme. Au moins une fois, en juin dernier, Tavernier a été reçu au 14, rue de l'Elysée par l'ambassadeur Fernand Wibaux, un proche collaborateur de Foccart et conseiller officieux de Chirac pour les affaires africaines. Comme directeur de publication du magazine Fire, Tavernier s'est par ailleurs associé avec «le corsaire de la République», Bob Denard, rédacteur en chef et héros d'un feuilleton d'aventures publié dans cette revue pour mercenaires. «Compte tenu des liens qui existent depuis plus de trente ans entre Denard et Foccart, il est inconcevable que Foccart n'ait pas été, au moins, informé du contrat de Tavernier», estime un diplomate français.

Jacques Foccart était-il seulement «au parfum»? L'étroitesse des relations entre Jacques Foccart et le maréchal Mobutu, qui l'appelle au besoin plusieurs fois par jour, accréditerait l'idée que «le conseiller personnel de Jacques Chirac chargé des relations avec les présidents africains» ait pu jouer un rôle plus important. Cependant, en l'absence de preuves, il faut se borner à constater le nombre considérable de mercenaires français dans l'est du Zaïre. Le premier groupe des dix-neuf «instructeurs», l'état-major autour du colonel Tavernier, arrivé le 3 janvier à Kisangani, comptait en effet un Italien, deux Belges et seize Français. Sur les deux cent soixante autres mercenaires qui, à la mi-janvier, ont été rassemblés à Francfort avant de débarquer sur l'aéroport de Gbadolite, le village natal et «Versailles dans la jungle» du maréchal Mobutu, beaucoup sont originaires de l'ex-Yougoslavie, mais il y a également un «nombre significatif» de Français. «Comme Denard n'est plus opérationnel depuis la débâcle aux Comores, un Belge a pris la tête du groupe qu'il aurait autrement commandé», affirme la même source.

Extrême retenue. Depuis le début de la guerre dans l'est du Zaïre, la France a démenti, à plusieurs reprises, toute implication officielle dans le recrutement de mercenaires. Jacques Chirac aurait même convoqué Jacques Dewatre, le chef des services secrets (Direction générale de la sécurité extérieure, DGSE) pour lui intimer des ordres d'extrême retenue. Selon nos informations, Jacques Dewatre s'est récemment rendu à Kinshasa, et les autorités françaises disposaient des CV complets des dix-neuf premiers mercenaires dès le début janvier. En revanche, à la suite d'articles de presse erronés, les dénégations formelles de Paris sont intervenues avant même l'arrivée sur place du gros de la force mercenaire.

Arsenal. A Kisangani, les «instructeurs» blancs ne se cachent guère. A bord de leur jeep blanche, Marc et Martin, deux gaillards, sillonnent la ville à longueur de journée et, en scannant les fréquences radio, on tombe fatalement sur «Victor-Tango». D'autres mercenaires sont logés à l'hôtel Palm Beach, le meilleur de la place, à plus de 600 francs la nuit. Mardi, onze Blancs en uniforme, à bord de deux Unimog, ont déchargé un avion-cargo sur le tarmac de l'aéroport de Kisangani, au moment où y débarquait un groupe de journalistes étrangers. Il est vrai que l'arsenal de la contre-offensive zaïroise s'y étale également au grand jour: des caisses de munitions russes, un Puma et deux Gazelle français, deux avions à réaction, des Sia-Marchetti italiens, et, fleurons de l'armada de la reconquête, arrivés samedi dernier, trois hélicoptères d'attaque MI-24. Quatre autres de ces forteresses volantes, immortalisées dans Rambo III, seraient encore à venir, via la Pologne et avec escale technique au Caire. Pour des problèmes d'interprétariat avec les pilotes russes, le déclenchement de la contre-offensive zaïroise a dû, un moment, être retardé...

Il n'y a pas que d'un seul côté des «instructeurs». Lors d'un virulent accrochage, le 15janvier, entre une colonne rebelle et l'armée zaïroise autour du pont sur la rivière Osso, à 80 km à l'ouest de Walikale, deux Blancs ont été tués du côté des assaillants, finalement repoussés, affirment des témoins. Dans sa livraison du 9 janvier, la Lettre du Continent, publiée à Paris, avait déjà signalé la présence, auprès du chef rebelle Laurent Kabila, d'un autre ex-mercenaire de la cause katangaise, le général de brigade à la retraite William Mallants. De nationalité belge comme Christian Tavernier, qu'il connaît bien, cet ingénieur de télécommunications a choisi l'autre camp.

Inégalité. «Le vrai mercenariat est financier», soutient un proche du maréchal Mobutu, selon lequel des fonds koweitiens ­versés en reconnaissance du rôle joué lors du déclenchement de la guerre du Golfe par le Zaïre, alors président du Conseil de sécurité de l'ONU­ auraient permis de «reconstituer l'armée de l'air». De ce financement de l'effort de guerre, les mercenaires profitent également. Les hommes du rang touchent 2000 dollars, environ 10000francs, tandis qu'un colonel perçoit 27000F. C'est infiniment plus que la solde, au demeurant rarement versée, des militaires zaïrois de base, qui doivent se contenter de l'équivalent en monnaie locale de 1 dollar. Ce qui n'est pas sans poser des problèmes de cohabitation sur le front où, selon l'expression d'un attaché militaire à Kinshasa, «l'inégalité est la règle, sauf devant la mort».

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