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Nous sommes des mercenaires, nous sommes partis combattre avec les Karens........une veille histoire (1989)......

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Nous sommes des mercenaires, nous sommes partis combattre avec les Karens........une veille histoire (1989)......

Message  marcwolf le Mar 25 Sep - 16:42



« Nous sommes des mercenaires, nous sommes partis combattre avec les Karens volontairement et sans aucun salaire ». Celui qui parlait ainsi était un jeune parisien de 24 ans. Il y a quelques mois je l’ai rencontré dans une base de la guérilla au cœur de la jungle birmane. Avec quelques autres occidentaux, il m’expliqua qu’il était venu là pour « donner un coup de main aux Karens », une ethnie qui lutte pour obtenir son autonomie vis-à-vis du gouvernement centrale de Rangoon. Pour la première fois, le combat de ce petit peuple (qui combat depuis 1948) trouve du soutien en Europe et certains prêts à risquer leur vie pour eux.

Le 4 octobre suivant, un de ces volontaires, Jean-Philippe Courrège, tombait sous les balles de soldats birmans au court d’un accrochage près de Tikerney à proximité de la frontière Thaïlandaise et à 150 kilomètres de Rangoon. Un australien de 26 ans, Sonny Wingate, blessé, fut emmener par les guérilleros. Soigné dans un hôpital thaïlandais, il fut dans un premier temps considéré comme un membre de médecin sans frontière.

Le régime de Rangoon, qui avait facilement identifié le français grâce à ses papiers d’identité, utilisèrent cet évènement à des fins de propagande en particulier pour accuser les autorités thaïlandaises de favoriser l’activité des mercenaires. En réalité, même s’ils l’avaient voulu, les Thaïlandais étaient bien incapables de contrôler ceux qui s’introduisaient clandestinement en Birmanie depuis leur territoire. Comme tant d’autres avant lui, journalistes, médecins, contrebandiers, Courrège était passé par la Thaïlande avant de traverser le fleuve en canot et rejoindre les camps de la KNU (Karen National Union). Qu’est ce qui le motivait? Selon ses amis, c’était l’idéalisme ainsi qu’un grand esprit d’aventure qui le faisait accepter le risque. « Au minimum, il risquait déjà d’attraper la malaria – me raconta un interlocuteur parisien – moi aussi je l’ai attrapé, avec des crises fréquentes qui vous paralysent toute la journée. »

En France, la guerre oubliée des Karen, gagna en notoriété il y a quelques années quand furent kidnappés un ingénieur français et sa femme qui travaillaient en Birmanie. Les guérilleros voulaient faire connaître leur lutte en Europe. On ne sait pas trop quelles furent les conditions concédées par Paris pour la libération des otages mais ils furent relâchés.

« Nous les avons toujours bien traités » m’avait dit un lieutenant des commandos Karen, Saw Johnny. Lui-même avait participé à l’enlèvement. Il poursuivit en expliquant que ce n’était qu’à des fins de propagande. « Au début ils avaient peur puis, quand ils ont compris que nous ne leur voulions pas de mal, ils ont repris espoir. Les forces gouvernementales étaient très fâchées et bombardaient sans arrêt la zone où ils pensaient que nous les détenions. Ils voulaient qu’ils meurent et nous faire ainsi porter la culpabilité. »

Ce fut la première fois que les futurs volontaires entendirent parler de la cause Karen. Comment ils sont entrés en contact, à la fin de 1984, début 1985, on l’ignore. Un de ces mercenaires pionnier, qui se fait appeler « Major Jimmy », est un ancien parachutiste belge qui combattit dans le temps au Congo. C’est probablement lui qui mit en contact les jeunes parisiens et les chefs de la KNU. Leur arrivée fut accueillie avec joie par les Karens qui y ont vu un premier signe d’intérêt du monde occidental, tant de fois demandé mais jamais concrétisé.

En réalité la lutte des Karen est toujours aussi solitaire et ils sont toujours isolés. Pour la plupart des gouvernements, c’est un conflit local qui ne menace pas l’équilibre international et qui ne vaut pas l’intérêt de s’y immiscer. Mais la révolte continue pourtant, générations après générations. « Mon père fut assassiné par des soldats birmans quand j’avais deux ans. Dès que j’ai eu l’âge de tenir un fusil, j’ai rejoint la révolution », m’a raconté Saw Johnny. Lui-aussi est mort m’a-t-on dit, dans la même bataille que Jean-Philippe Courrège.
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