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a tinqueux (france) napoleon a vaincu les troupes : russes et prussiennes

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a tinqueux (france) napoleon a vaincu les troupes : russes et prussiennes

Message  marcwolf le Lun 2 Mar - 8:17

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La situation générale
Après son échec des 9 et 10 mars 1814, Napoléon fait d'abord retraite sur Soissons. Mais, le 12, Reims  est surprise par le général russe Guillaume de Saint-Priest et ses 15 000 hommes qui expulsent les Français qui tiennent la ville depuis le 5 par l'intermédiaire du général Jean-Baptiste Juvénal Corbineau. En apprenant cette nouvelle, Napoléon, qui a d'abord eu l'intention de se diriger vers la Seine par la route de Château-Thierry, se déroute aussitôt vers la cité de Saint-Rémi.
Il a plusieurs raison pour cela. D'une part, ce fait d'armes permet aux coalisés de rétablir la liaison entre la grande armée de Karl Philipp zu Schwarzenberg et l'armée de Silésie de Gebhard Leberecht von Blücher. D'autre part, cette perte menace Soissons où Napoléon compte ne laisser derrière lui que le maréchal Edouard Mortier. Enfin, il faut à l'Empereur une victoire pour redonner un moral à ses troupes. Il compte bien l'obtenir contre le petit corps isolé de Saint-Priest.
Laissant comme prévu la garde de Soissons à Mortier, Napoléon se fait accompagner du maréchal Michel Ney, du général Louis Friant, et de la cavalerie de la garde. En chemin, il se renforce des restes du 6ème Corps d'Auguste Viesse de Marmont, qui l'attend à Fismes , et dispose ainsi de 10 000 hommes environ pour se présenter devant Reims .
De leur côté, ayant eu connaissance de l'échec de Napoléon devant Laon, les alliés s'imaginent en parfaite sécurité. Ils sont paisiblement installés dans et autour de la ville, à Muizon, Thillois, Geux, Ormes, Bézannes, Cormontreuil, Sillery et Rosnay, sur la route de Fismes, où sont postés en avant-garde deux bataillons prussiens.
Les combats
Lorsqu'on lui signale des troupes françaises à Jonchery-sur-Vesles, tout près de ses avant-postes, Saint-Priest, les prenant pour les restes des troupes expulsées de Reims par ses soins, n'y prête pas grande attention. Les dernières nouvelles ne font-elles pas état de la destruction de l'armée française devant Laon ?
Il est donc tout surpris quand ses soldats, à Rosnay, sont culbutés par la cavalerie française. Il fait aussitôt sortir en hâte des troupes et les positionne en avant de la ville, sur les hauteurs de Tinqueux, aux alentours du Mont-Saint-Pierre . Napoléon ordonne de les attaquer de front en début d'après-midi. Marmont enfonce assez vite la gauche de l'ennemi, que la blessure précoce de son chef, touché au moment où il ordonne la retraite, achève de désorganiser. Son remplaçant ne peut éviter que le désordre ne se mette dans sa retraite, et sa colonne manque d'être coupée par une charge des gardes d'honneur commandés par le général Philippe-Paul de Ségur. La cavalerie prussienne, en particulier, ne peut réussir à trouver refuge dans les murs de la ville et se jette dans les fossés qui l'entourent, où elle doit abandonner ses chevaux.

Malgré ce début difficile, les troupes coalisées poursuivent cependant avec opiniâtreté le combat jusqu'après la tombée du jour. Les troupes de Marmont s'emparent des faubourgs, mais tardent à forcer les portes de Reims. Plusieurs régiments russes se dévouent pour donner au gros des troupes coalisées le temps de s'enfuir vers Neufchâtel-sur-Aisne et Berry-au-Bac.

Enfin, vers minuit, les Français pénètrent dans la ville. Il leur faudra cependant encore une ou deux heures de plus pour s'en rendre totalement maîtres, tant la résistance de l'arrière-garde ennemie est acharnée. Russes et Prussiens finissent cependant par céder et s'égaillent dans toutes les directions : Berry-au-Bac au nord-ouest, Neufchâtel-sur-Aisne au nord, Rethel au nord-est et Châlons au sud-est.

Napoléon entre peu après, par la porte de Vesle, dans une ville entièrement illuminée pour l'accueillir.

Bilan et suites
Les pertes françaises ne s'élèvent qu'à quelques centaines d'hommes alors que plus de 5 000 coalisés sont hors de combat.
Bien qu'il ne soit pas parvenu à s'emparer, comme espéré, du gros des forces installées dans la ville, Napoléon obtient cependant là un succès d'une portée considérable car il lui permet de séparer les deux tronçons des armées coalisées.
Après avoir laissé ses troupes se reposer les 14, 15 et 16 mars, journées durant lesquels il séjourne lui-même à Reims, l'Empereur va bientôt tenter d'exploiter son avantage en se portant sur le flanc de l'armée du généralissime Karl Philipp Fürst zu Schwarzenberg qui, le long de l'Aube , étale ses différents corps sur quatre-vingts kilomètres. Il part renforcé d'un corps de 6 000 hommes, formé dans les Ardennes par le général Jean Guillaume Janssens et amené par lui à Reims où il arrive le 14, à point nommé.


L'Empereur dirigea les combats du haut de la colline Sainte-Geneviève  (de nos jours Parc de la Cure d'air), où il bivouaqua le soir.
Le général Corbineau, que l'on croyait mort, reparaît, bien vivant, le 14 au matin après avoir passé les journées de l'occupation alliée caché sous un déguisement chez un bourgeois de Reims.
Le général Saint-Priest mourra prisonnier quelques jours après la prise de Reims, des suites d'une amputation du pied ou de la jambe (les sources différent).

Manuscrit de 1814
Dans la nuit du 12 au 13 mars, au moment où l'armée allait se mettre en marche pour revenir sur la Seine par la route de Soissons à Château-Thierry, Napoléon a reçu la nouvelle que le corps d'armée du général russe Saint-Priest, qui manoeuvrait du côté de Châlons-sur-Marne, vient de s'emparer de Reims. Le général Corbineau, aidé de la cavalerie du général Defrance, avait d'abord repoussé l'ennemi jusqu'à Sillery ; mais les Russes étaient revenus au nombre de quinze mille hommes, et il avait fallu céder. On croyait Corbineau pris ou tué.
L'occupation de Reims par l'ennemi rétablissait les communications de Schwartzenberg avec Blücher ; d'ailleurs cette entreprise tournait déjà la position qui venait d'être assignée au duc de Trévise : Napoléon ne peut négliger cet ennemi ; il prend aussitôt le chemin de Reims, et le soir même il arrive aux portes de la ville. Les Russes, quoique surpris, n'en montrent pas moins la résolution de se défendre. On se bat toute la soirée et une partie de la nuit. Enfin, le général ennemi est grièvement blessé; on l'emporte, ses troupes le suivent, et Napoléon entre à Reims à une heure du matin.
Les malheureux habitants avaient tout à craindre d'un tumulte que l'obscurité de la nuit pouvait porter au comble. Cependant (et il faut le dire à la louange des Russes et des Français) les uns ont évacué la ville, les autres en ont pris possession, sans qu'il y ait eu d'autres dommages que ceux qui sont inévitables dans un combat. Corbineau, qui avait disparu au moment de l'occupation de Reims par l'ennemi, se retrouve le 14, à la pointe du jour, parmi les bourgeois de Reims, qui viennent faire foule devant le logis de Napoléon : il était resté déguisé chez un habitant.

Les troupes du duc de Raguse, après s'être ralliées au pont de Béry-au-Bac, étaient venues prendre part à l'attaque de Reims. Leur chef est appelé pour rendre compte de son désastre ; il se présente : à sa vue, Napoléon s'emporte en reproches, qui n'entrent que trop avant peut-être dans le coeur du maréchal. Cependant après les plaintes viennent les explications : bientôt les sentiments que Napoléon a toujours portés à son aide-de-camp prennent le dessus, et ce n'est plus qu'un maître en l'art de la guerre qui relève les fautes d'un de ses élèves de prédilection : Napoléon finit par le retenir à dîner.

Le même jour, 14, l'armée reçoit un renfort précieux dans la circonstance : on le doit au zèle et à l'activité du général Janssens, Hollandais, ancien gouverneur du cap de Bonne-Espérance, qui commande en ce moment sur la frontière des Ardennes. Les émissaires qu'on lui a envoyés pour le prévenir de l'arrivée de l'armée sur les bords de l'Aisne lui sont parvenus. Il a tiré aussitôt tous les détachements qu'il a pu des garnisons qu'il commande ; et de ces détachements, réunis à Mézières, il a formé en dix jours un corps de six mille hommes, qu'il amène lui-même par la route de Rhétel.

Tandis que le prince de la Moskowa s'avance vers Châlons, l'armée fait halte dans les environs de Reims, et y passe les journées du 14, du 15 et du 16.

Mémoires du maréchal Marmont
Arrivé à Fismes, mes troupes reposées et réorganisées, je me mis bientôt de nouveau en mouvement pour combattre. Reims, occupé par le général Corbineau, avait été évacué à l'arrivée du corps de Saint-Priest venant de Vitry. Le corps de Saint-Priest, composé de Russes et de Prussiens, et fort de douze mille hommes, était destiné à établir la liaison, à protéger et à couvrir la communication entre la grande armée et l'armée de Silésie. Napoléon se décida à marcher immédiatement sur Reims et à écraser ce corps. C'était à ce genre d'opérations qu'il devait se borner toutes les fois que l'ennemi lui en présentait l'occasion. Je reçus l'ordre de me mettre en mouvement, et l'avis de l'arrivée prochaine de l'Empereur pour me soutenir. Le 13, au matin, du plateau d'Ormes, je reconnus deux bataillons prussiens en retraite sur Reims. A notre approche, la cavalerie qui les accompagnait les abandonna. Ces troupes, en pressant leur marche et marchant serrées, pouvaient nous échapper. Mon infanterie était encore éloignée ; je les fis poursuivre par ma cavalerie. Peu après, elles prirent poste dans une espèce de parc. Là elles furent sommées de se rendre. Elles s'y décidèrent en voyant arriver mon infanterie. Je mis mes prisonniers en route immédiatement, et Napoléon, qui les rencontra, sortit de sa voiture pour les passer en revue. Ces deux bataillons appartenaient l'un à la Marche-Électorale, l'autre à la Poméranie. On peut difficilement expliquer le peu de prudence des dispositions de M. de Saint-Priest et sur quoi était fondée une sécurité si entière. Une fois cette expédition terminée, je continuai mon mouvement sur Reims.

Arrivé en vue de la ville, je reconnus l'ennemi placé sur les hauteurs de Tinqueux. Je fis halte pour attendre l'arrivée des troupes qu'amenait l'Empereur. Sa garde prit ma gauche, et je reçus l'ordre d'attaquer. Après une résistance assez faible, la gauche de l'ennemi se retira. Poursuivis avec vigueur, trois bataillons prussiens furent cernés et mirent bas les armes.

L'ennemi, se voyant tourné, se décida à la retraite ; mais l'encombrement causé par un corps aussi nombreux et par son artillerie y mit du désordre. Pressé de nouveau par de nouvelles attaques, le désordre augmenta ; enfin il fut porté à son comble par la charge faite par le comte Philippe de Ségur, à la tête de son régiment de gardes d'honneur, qui culbuta tout. Il atteignit la colonne qui occupait la route, la coupa en partie. Dans cette position elle aurait été prise en entier, s'il eût été mieux appuyé par la cavalerie qui le soutenait, commandée par le général Defrance. La cavalerie prussienne, culbutée et poursuivie, ne pouvant rentrer dans la ville, dont la porte était obstruée, se jeta dans les fossés qui étaient peu profonds, et sans contrescarpes revêtues. Elle y abandonna tous ses chevaux, dont nous nous emparâmes le lendemain.

Cette brillante charge du comte de Ségur et des jeunes soldats qu'il commandait eut pour lui un fâcheux résultat. Précipité ainsi sur les masses ennemies, il se laissa entraîner par la chaleur de la poursuite. Il entra jusque dans la ville, qui était au pouvoir de l'ennemi. Il y fut fait prisonnier avec quatre-vingts hommes. Le lendemain, il nous fut rendu. Mais revenons au corps de M. de Saint-Priest, dont nous avions pris ou détruit une grande partie. Ses débris étaient rentrés dans la ville. Nous enlevâmes le faubourg ; mais, arrivé à la porte de la ville, j'employai inutilement mon artillerie pour l'enfoncer. Je ne pus y parvenir. Cette porte était couverte par un tambour en terre. Cette tentative coûta la vie à un capitaine d'artillerie à cheval très-distingué, nommé Guerrier. Cependant la ville fut évacuée à minuit, et nous y entrâmes à une heure. C'était le dernier sourire de la fortune. Le lendemain, 14, je reçus l'ordre de marcher à la poursuite de l'ennemi, et d'aller prendre position à Béry-au-Bac. Avant de me mettre en route, je passai une partie de la matinée avec l'Empereur. Il me donna l'ordre d'écrire au général Jansen, à Verdun, de se rendre à Reims à marches forcées, pour venir le rejoindre avec plusieurs détachements des garnisons des places de Lorraine, qui avaient été instruits pendant l'hiver. Ces détachements arrivèrent assez à temps pour le suivre dans le mouvement qu'il exécuta sur l'Aube.

Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont

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