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Opération Ladbroke

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Opération Ladbroke

Message  marcwolf le Lun 14 Avr - 7:34

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En décembre 1942, avec l'avancée des forces alliées en Tunisie lors de la Campagne d'Afrique du Nord, la victoire en Afrique du Nord devient imminente et des discussions entre les alliés débutent pour savoir quel sera leur prochain objectif. Beaucoup d'Américains veulent une invasion immédiate de la France, tandis que les Britanniques ainsi que le général américain Dwight David Eisenhower font valoir que la Sardaigne est la meilleure cible pour les troupes alliées. En janvier 1943, le premier ministre britannique Winston Churchill et le président américain Franklin Delano Roosevelt se mettent d'accord à la conférence de Casablanca et choisissent la Sicile, dont l'invasion et l'occupation permettront de fournir aux Alliés des routes maritimes dans la Méditerranée et des aérodromes plus près de l'Italie et de l'Allemagne. Le nom de code de l'opération Husky est alors décidé et dès février 1943, les Alliés commencent à planifier l'invasion. Initialement, la 8e armée britannique sous le commandement du général Bernard Montgomery doit débarquer dans la zone sud-est de la Sicile et avancer vers le nord pour atteindre le port de Syracuse. Deux jours plus tard, la 7e armée américaine commandée par le général George Patton doit, quant à elle, débarquer sur la côte ouest de la Sicile pour atteindre le port de Palerme.
En mars, il est décidé que la 1re division aéroportée britannique et la 82e division aéroportée américaine seront parachutées juste avant le débarquement allié. Elles doivent atterrir à quelques kilomètres des plages pour permettre la neutralisation des défenseurs et faciliter le débarquement des forces terrestres. Cependant, au début du mois de mai, le général Montgomery modifie les plans et démontre que si les forces alliées débarquent séparément à chaque extrémité de l'île, les forces de l'Axe auront la possibilité de vaincre chacune des armées alliées avant que celles-ci ne se rejoignent. Les plans sont donc modifiés : les 7e et 8e armées devront débarquer simultanément sur les côtes sud-est et sud-ouest (golfe de Gela) de la Sicile.
Dans le même temps, les plans pour les deux divisions aéroportées sont également rectifiés. Montgomery soutient que les troupes aéroportées doivent être déposées tout près de la ville de Syracuse, pour pouvoir atteindre son port le plus rapidement possible. Le commandant Maxwell Davenport Taylor, quant à lui, affirme que se poser juste derrière les plages est une mission périlleuse pour la division aéroportée qui risque d'être touchée par des tirs amis du bombardement naval prévu par les Alliés. Le plan révisé pour les divisions aéroportées comprend un renfort en hommes destiné à être parachuté au nord-est du port de Gela pour bloquer les mouvements des armées de réserve de l'Axe. L'objectif de l'opération est donc de mener à bien trois actions : la 1re division aéroportée doit contrôler le Grand Pont de Syracuse, la 2e brigade de parachutistes britanniques doit saisir le port d'Augusta, et la 1re brigade de parachutistes britanniques doit prendre un second pont sur la rivière Simeto.
Le 9 juillet 1943, un convoi de 2 075 soldats britanniques, sept jeeps, six canons anti-chars et dix mortiers sont montés à bord des planeurs en Tunisie et décollent à 18 heures en direction de la Sicile. Ils rencontrent sur leur chemin des vents violents, une mauvaise visibilité et sont parfois soumis à des tirs antiaériens. Pour éviter les coups de feu et les projecteurs, les pilotes de l'avion de remorquage augmentent leur altitude et prennent des mesures d'évitement. Dans la confusion qui entoure ces manœuvres, certains planeurs sont libérés trop tôt et soixante-cinq d'entre eux amerrissent, entraînant la noyade d'environ 252 hommes. Pour le reste, seulement douze planeurs arrivent à destination. Cinquante-neuf autres planeurs atterrissent à 40 km du lieu de rendez-vous, et les autres planeurs sont abattus ou contraints de retourner en Tunisie.

Un seul Horsa avec un peloton d'infanterie des Staffords atterrit près du pont. Son commandant, le lieutenant Withers divise ses hommes en deux groupes, dont l'un nage pour traverser et prendre position de l'autre côté de la rivière. Ensuite, les unités réussissent à capturer le pont grâce à une attaque simultanée des deux côtés. Les défenseurs italiens du 120e régiment d'infanterie côtière abandonnent leur fortin sur la rive NordNote .

Les troupes britanniques enlèvent ensuite les charges et les explosifs qui ont été placés sur le pont par l'armée italienne. Un autre Horsa atterrit à environ 180 mètres du pont, mais il explose à l'atterrissage, tuant tout ses occupants. Les trois autres Horsas faisant partie de l'opération coup de main atterrissent à 3,2 kilomètres, puis leurs occupants font route vers le pont. D'autres renforts commencent à arriver au pont, mais à 6 h 30 il n'est plus défendu que par quatre-vingt sept hommes des troupes britanniques.

Par ailleurs, environ 150 hommes débarquent au Cap Murro di Porco pour prendre le contrôle d'une station de radio qui transmet un message d'avertissement du débarquement des planeurs de l'armée alliée. Le commandement italien local ordonne une contre-attaque, mais les troupes ne reçoivent pas le message. Les débarquements séparés sont maintenant favorables aux Alliés qui sont en mesure de couper les moyens de communication dans toute la région. Le planeur transportant le commandant adjoint de la brigade, le colonel O. L. Jones, atterrit, quant à lui, à côté d'une batterie d'artillerie côtière italienne. Les officiers et les soldats du planeur attaquent et détruisent cinq canons de la batterie d'artillerie. D'autres groupes isolés de soldats alliés tentent d'aider leurs camarades en détruisant des défenses italiennes et leurs renforts.

La première tentative de contre-attaque sur le pont est menée par deux compagnies de marins italiens, mais elle est repoussée par les soldats britanniques. Les Italiens regroupent davantage de troupes et acheminent de l'artillerie et des mortiers pour bombarder le Grand Pont contrôlé par les Alliés. Les défenseurs britanniques sont attaqués par les Italiens, tandis que la 5e division d'infanterie britannique qui est attendue, n'intervient pas à 10 h comme prévu. À 11 h 30, le 385e bataillon italien côtier arrive sur le pont, suivi peu après du 1er bataillon du 75e régiment d'infanterie de Naples. Les Italiens se déploient pour attaquer le pont de trois côtés. À 14 h 45, il n'y a plus que quinze soldats britanniques pour défendre la position. À 15 h 30, privés de munitions, les soldats britanniques cessent le combat. Quelques hommes qui défendent le côté sud du pont s'échappent dans la campagne, les autres sont faits prisonniers de guerre. Alors que le pont est aux mains des Italiens, la 1re unité de la 5e division d'infanterie britannique et les Fusiliers royaux écossais y parviennent à 16 h 15 et montent une contre-attaque qui réussit. Cette contre-attaque est rendue possible grâce au retrait préalable des charges explosives placées sur le pont, empêchant ainsi sa destruction par les Italiens. Les survivants de la 1re brigade aéroportée ne prennent pas part aux combats et sont rapatriés en Afrique du Nord le 13 juillet29.

Durant les débarquements, les pertes de la 1re brigade aéroportée sont les plus élevées des unités britanniques. Les pertes s’élèvent à 313 tués et 174 disparus ou blessés29. Quatorze pilotes de planeurs sont tués et quatre-vingt sept portés disparus ou blessés.

Conséquences[modifier le code]

Après avoir enquêté sur les difficultés rencontrées par la 1re division aéroportée en Sicile, l'armée britannique et la Royal Air Force proposent des recommandations31 : les futurs soldats des opérations aéroportées seront préalablement formés avec des entraînements au parachutage et des reconnaissances devront être réalisées avant le début des opérations31. Les plans d'atterrissage sont simplifiés, les brigades doivent atterrir sur des zones de déploiement et non dans des zones de débarquement31. Les planeurs ne sont plus utilisés de nuit au-dessus de l'eau et leurs zones de déploiement doivent être suffisamment vastes pour accueillir des avions avec des pièces de rechange32.

Suite à un incident de tir ami sur un convoi allié, des formations complémentaires sont dispensées aux équipages des navires chargés de la reconnaissance de l'aéronef ; les avions alliés sont également peints avec trois grandes bandes blanches33. La formation pour les pilotes de planeurs est renforcée et des améliorations sont mises en place sur les appareils, y compris une meilleure communication entre les appareils34.

La Royal Air Force fait également des recherches pour trouver un procédé de largage de jeeps et d'artillerie depuis les airs et commence à expérimenter l'utilisation de parachutes pour les véhicules35. Un deuxième groupe de transport de la Royal Air Force est formé et équipé avec des Dakotas, pour éviter le mélange de différents aéronefs dans les divisions36. La Royal Air Force est capable de fournir 88 Albermales, 88 Stirlings, 36 Halifaxes et 150 Dakotas pour un total de 362 avionsNote 3,35,37.

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